(Miss Ulysses from Puka-Puka, 1948)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman autobiographique :
Florence ‘Johnny’ Frisbie est l’ainée des 4 enfants du couple formé par l’écrivain et commerçant américain Robert Dean Frisbie et Ngatokura ‘A Mata’a, femme originaire des îles Cook. Le journal de la jeune adolescente retrace ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, la vie de sa famille, leur quotidien dans le cadre idyllique des îles Cook et ses voyages dans d’autres îles de la Polynésie.
Puka-puka mon amour :
Écrit entre ses 12 et 14 ans avec l’aide de son père, et publié à tout juste 15 ans, ‘Miss Ulysses from Puka-Puka’ est le premier livre publié par une autrice polynésienne. Sans traduction française disponible, le récit fut écrit en anglais et l’édition moderne inclut un dernier chapitre écrit beaucoup d’années plus tard, où Johnny, maintenant une femme plus âgée, raconte les évolutions et changements de sa vie et de celle des membres de sa famille.
La jeune écrivaine a clairement une passion évidente par les États-Unis, pays d’origine de son père qui, ne l’oublions pas, a surveillé et aidé à l’édition littéraire du livre. Mais malgré cette candide adoration par l’Oncle Sam, en réalité de ce livre se dégage un amour profond par l’île de Puka-Puka, ainsi comme l’énorme fierté d’avoir grandi dans ce cadre idyllique, en contacte permanent avec la nature, la mer et le soleil, dans des valeurs de respect, d’entraide et de générosité.
L’île enclavée de Puka-puka est située à plus de mille kilomètres de Rarotonga, la capitale des Îles Cook. À l’époque du livre, entre les années 30 et 40 du XXe siècle, les liaisons maritimes étaient très éparses et voyager ailleurs était très difficile. Cependant la passion de Johnny et de sa famille par le voyage les mènera à la découverte d’autres îles de l’archipel, d’autres endroits de la Polynésie et même jusqu’à Hawaï et les États-Unis.
La scène de l’ouragan qui détruit presque complètement Suvarrov, un atoll inhabité des îles Cook où elle et sa famille vivaient coupés du monde, tels des Robinson polynésiens, est sans doute la plus marquante du livre. Mais mis à part ce moment fort en émotions dont les conséquences s’étalent sur plusieurs chapitres, en réalité le reste du livre ne va pas plus loin ni dans l’action ni dans la réflexion, et cela peut se faire long pour le lecteur. Il y a des moments émouvants et dramatiques, mais aussi beaucoup de niaiseries et des réflexions pleines d’ingénuité, c’est qui est probablement normal dans un livre écrit par une adolescente de moins de 15 ans, aussi perspicace qu’elle soit.
‘Miss Ulysse from Puka-Puka’ aurait absolument bénéficié d’une sélection plus stricte, pour éviter ce côté redondant et répétitif. Cela manque cruellement d’editing, le récit s’étire pendant des pages et des pages sur le quotidien pittoresque de la famille et leur entourage, pendant des séquences plutôt banales que la jeune écrivaine essaie de nous décrire avec humour. Intéressant pour connaitre la vie dans cet archipel méconnu et isolé, mais pas forcément transcendant d’un point de vue littéraire.
Citation :
« Peut-être c’est mal de mentir, mais toutes les femmes sont, de toute façon, des affreuses menteuses, et je ne veux pas être différente, me faire remarquer et voir comment les gens disent que je suis trop fier pour être comme les autres. » (Traduction improvisée)







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