(Three wild dogs and the truth, 2024)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte récit autobiographique :
Markus Zusak raconte la vie et les déboires de ses trois chiens, Reuben, Archer et Frosty, et l’impacte que ces animaux ont eu dans la vie de sa famille. Chacun à sa façon, les trois molosses s’avèrent assez problématiques, seront souvent chaotiques et parfois dangereux. Le quotidien de l’écrivain et sa famille sera tout sauf facile.
Nous et nos chiens :
Markus Zusak, écrivain australien mondialement connu par le roman ‘La voleuse de livres’ (2007), nous livre un récit autobiographique assez particulier, qui parlera sans doute énormément aux amateurs des chiens et à tous ce qui ont vécu des expériences hors du commun avec des animaux domestiques, en particulaire aux maîtres des chiens ‘problématiques’, sujet principale de la narration. Chaotiques, imprédictibles, parfois agressifs, les chiens de la famille Zusak seront toujours protagonistes de situations singulières, distrayant l’écrivain de son travail pendant des années. ‘Le pont d’argile’, son premier livre après le succès colossal de ‘La voleuse de livres’, aura mis une douzaine de années à arriver à la publication, toute une époque marquée par cette triple tornade canine.
Malgré le talent indéniable de l’écrivain, l’humour irrésistible et le dynamisme de la narration, on peut déplorer que le récit de ces trois molosses et leurs entrefaites, ne nous permette pas de connaitre vraiment les personnages humains de l’histoire. Qui est vraiment Markus Zusak ? Je n’en suis pas sûr. C’est sans doute voulu, car l’écrivain veut rester pudique, préférant qu’on se concentre sur les chiens et ce qui impliquent chez leurs maîtres, plutôt que sur les maîtres eux-mêmes. Dans ce sens, à un moment du livre Zusak réfléchit au fait que sans ses chiens il semblerait quelqu’un d’autre, comme si une part de son identité est porté par son chien.
Si vous n’avez pas des animaux domestiques et même si ces sujets canins ne vous intéressent pas, soyez sans crainte, la narration est bien ficelée et vous serez facilement embarqués dans le récit, grâce à la finesse du storytelling. À mon sens, la partie la plus intéressante du récit est le dilemme moral du narrateur/écrivain, tiraillé entre l’amour de ses petits bébés, et son devoir citoyen de mettre hors de circulation ces chiens potentiellement dangereux. Le récit jongle habilement dans cette ambiguïté, dévoilant petit à petit les lignes rouges qui franchissent ces adorables bêtes, dans leur chemin pour mener le chaos. Je dois avouer qu’à priori j’aurai arrêté les frais bien plus tôt, mais le narrateur a une autre idée : « Quelqu’un doit prendre les bâtards, les rejetons, les mal aimés… rien de cela nous fait spécial ; tout simplement on ne semble pas pouvoir faire autrement. »
Très facile à lire, émouvant et superbement bien écrit.
Citation :
« Tu peux projeter aux gens ce qu’ils pensent de toi, être poli et gagnant, et juste. Ou tu peux montrer aux gens comme tu es vraiment. Impatient, ennuyé, grossier, cruel à l’occasion. Dans une bataille constante pour être ton meilleur toi, mais sans jamais être près d’y arriver… » (Traduction improvisée)







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