Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieThaïlande

Venin

Saneh Sangsuk

(อสรพิษและเรื่องอื่น ๆ, 2001)
Traduction :   Marcel Barang.   Langue d’origine : Thaïlandais
⭐⭐⭐

Ce que raconte cette nouvelle :

Wât est un enfant de dix ans, né dans une famille de paysans thaïlandais, dont l’existence se déroule paisiblement, au rythme des saisons, entre les travaux des champs et le soin des bêtes. Malgré le handicap de son bras droit, estropié par un accident survenu quelques années auparavant, et que lui a valu le surnom de patte folle, le brave garçon aide ses parents et s’occupe de ses vaches adorées avec tendresse et soin.

Mais un jour, lorsqu’il joue avec ses marionnettes, un cobra géant l’attaque. Avec son seul bras valide, le garçon arrive à tenir la tête du cobra à distance, mais le corps de ce puissant serpent s’enroule autour de corps du garçon. Un long combat mortel s’ensuit et créera l’émoi dans le petit village.

Le dur combat contre l’obscurantisme :Le dur combat contre l’obscurantisme :

‘Venin’ est une nouvelle relativement courte qui se lit en à peine une heure, et qui a la vertu de nous dépayser complètement, en nous promenant parmi les rizières de la campagne thaïlandaise, territoire des légendes et superstitions. Plus fable que conte, cette nouvelle a un côté symbolique assez simple et accessible.

L’histoire mélange deux concepts : Le quotidien de la vie paysanne, incarné par le jeune garçon et sa famille, et puis les superstitions et l’obscurantisme incarnés dans le personnage de Songwât, une espèce de medium autoproclamé, qui a manipulé les paysans et leur à fait croire qu’il a des pouvoirs surnaturels qui lui permettent de contacter avec la déesse mère (voir citation).

Songwât déteste Wât et sa famille, justement parce qu’ils ne tombent pas dans le panneau de sa supercherie. Il se moque systématiquement du handicap du garçon et il jubile quand il réussit à monter tout le village contre le gentil garçon. Ce colossal cobra qui attaque son rival va faire l’affaire du perfide Songwât. Métaphore de la haine de l’autrui, le serpent incarne les superstitions arriérées qui empêchent le progrès. Le duel avec le cobra représenterait alors le difficile combat que la société doit mener avec l’obscurantisme.

Ce récit poétique se finit de façon un peu abrupte, mais reste une lecture intéressante et curieuse.


Citation :

« Depuis qu’il était devenu medium, il était persuadé que, quoi qu’il fasse, ce qu’il faisait était plus correct que ce que les autres faisaient, et que, quoiqu’il dise, ce qu’il disait était toujours plus correct que ce que les autres disaient. Il savait pertinemment qu’il était le chef spirituel du village. Tout le monde savait quel était son pouvoir, et lui mieux que quiconque. Quand il parlait, tout le monde devait écouter. »

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *