(1941)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Ensemble de cinq nouvelles de l’auteur Égyptien, centrées sur les classes les plus paupérisées : les misérables, les déchus, les malades, les voyous, les prostituées et les laissés-pour-compte ; ces oubliés de Dieu qui vivotent dans l’univers de la marge de la grande ville.
Mendiants, misérables, et autres laissés-pour-compte :
Initialement publiés en 1941 dans des revues littéraires Égyptiennes, ces nouvelles furent très vite victimes de la censure et retirées du commerce. Grace au soutien d’Henry Miller aux États-Unis et d’Albert Camus en Algérie, l’éditeur Edmond Charlot finit par les rassembler et publier en 1946 à Paris, dans un recueil qui inclut les cinq nouvelles :
‘Le facteur se venge’
‘La Jeune Fille et le Haschache’
‘Le coiffeur a tué sa femme’
‘Danger de la fantaisie’
‘Les affamés ne rêvent que de pain’
Comme presque dans toute son œuvre, Cossery donne la voix à ces oubliés de Dieu : Les pauvres, les misérables, les fainéants des rues peuplent donc tous les récits. Parfois se plaignant de leur détresse, souvent prenant les choses avec philosophie, mais toujours s’exprimant avec lucidité sur leur propre condition. Malgré des quotidiens très durs, l’humour de ses personnages et la tendresse avec laquelle l’auteur les regarde font de cette lecture une expérience remarquable et émouvante. Classe.
Citations :
« Pour eux, manger était tout. Ils ne désiraient rien d’autre. Depuis des générations ils n’avaient pas eu d’autres désirs. C’étaient des corps ignobles et sans âme. La ville souffrait de les contenir ; la civilisation souffrirait de les voir. Ils ressemblaient à des remords ; des remords très anciens enracinés dans le sol. Mais, malgré tout, ils ne voulaient pas mourir. »
« (…) il s’attarda à contempler la maison jaune, celle qui fait l’angle de la rue, et où logeait Barsoum le croque-mort, tellement pauvre qu’on disait de lui qu’il ne pourrait jamais se payer son propre enterrement. Cet homme enterrait les autres, sans l’espoir d’être enterré lui-même un jour. »








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